IV ) LE DEROULEMENT DE LA MESSE

Préparation de l'encens

IGMR. 129. (...) si l'on emploie l'encens, il [le diacre] assiste le prêtre pour imposer l'encens et pour encenser la croix et l'autel.

IGMR. 277. Le prêtre met l'encens dans l'encensoir et le bénit d'un signe de croix, sans rien dire. (...)

Note du webmaster : dans l'IGMR cette directive est donnée en introduction de la manière d'encenser l'autel, mais l'ordonnancement du texte lui donne le rang de règle générale.

Le cortège

IGMR 120. Lorsque le peuple est rassemblé, le prêtre et les ministres, portant les vêtements liturgiques, s'avancent vers l'autel, dans l'ordre suivant :

a) le thuriféraire avec l'encensoir fumant, si l'on emploie l'encens;
b) les ministres qui portent les cierges, et au milieu d'eux, l'acolyte ou un autre ministre avec la croix;
c) les acolytes et les autres ministres;
d) le lecteur, qui peut porter un peu élevé l'Evangéliaire mais non le lectionnaire ;
e) le prêtre qui va célébrer la messe.

Si l'on emploie l'encens, le prêtre met de l'encens dans l'encensoir avant le départ de la procession et le bénit d'un signe de croix sans rien dire.

CE. 128. [Quand il y a l'Evêque] Alors commence le chant d'entrée, la procession se fait de la sacristie vers le choeur selon cet ordre :

- le thuriféraire avec l'encensoir fumant,
- un autre acolythe portant la croix, avec le crucifix tourné vers l'avant, au milieu des sept, ou au moins deux, acolytes portant les candélabres avec les cierges allumés
- les autres diacres, s'ils sont là, deux par deux
- les prêtres concélébrants deux par deux
- l'Evêque entrant seul, coiffé de la mitre et portant la crosse de la main gauche, bénissant de la main droite
- un peu en arrière de l'Evêque, les deux diacres qui l'assistent
- enfin les porte-insignes du livre, de la mitre et de la crosse.

Si la procession passe devant la chapelle du Saint-Sacrement, nul ne s'arrête ni ne fait de génuflexion.

IGMR 210. Lorsque tout est bien préparé, on se rend à l'autel, ordinairement, en procession à travers l'église. Les prêtres concélébrants précèdent le célébrant principal.

IGMR 172. Le diacre, portant un peu élevé l'Évangéliaire, marche devant le prêtre qui se rend à l'autel ; sinon, il s'avance à côté de lui.

Note du webmaster : il est sous-entendu que le prêtre, dans le cortège, marche dans le milieu de l'allée, et que le diacre est sur son côté, ceci afin que la prééminence du célébrant reste signifiée.

IGMR 194. En l'absence d'un diacre, lorsqu'on se rend à l'autel, le lecteur, portant un vêtement approuvé, peut porter, en l'élevant un peu, l'évangéliaire. Dans ce cas, il marche devant le prêtre. Autrement, il se place avec les autres ministres.

Note du webmaster : ce qui veut dire que la lecture revient, avant toute chose, à un ministre institué Lecteur qui de plus porte le vêtement de choeur.
D'autre part il n'est pas dit qu'une personne en vêtement laïc puisse porter l'Evangéliaire.
Enfin l'Evangile est porté ainsi parce qu'il nous révèle le Christ. Si le livre contient autre chose, ce n'est pas un Evangile, ou un Evangéliaire (c'est-à-dire "livre portant l'Evangile"). Donc on ne doit pas porter le lectionnaire, qui est formé d'extraits de toute la Bible, à la place de l'Evangéliaire. Si on ne possède pas d'Evangéliaire, on ne porte pas d'autre livre en procession. Le CE précise d'autre part que le livre est élevé avec modération, et non pas au-dessus de la tête comme on le voit parfois.

L'entrée

IGMR. 43. Les fidèles se tiendront debout depuis le début du chant d'entrée, ou quand le prêtre se rend à l'autel, jusqu'à la prière d'ouverture (collecte) inclusivement (...).

IGMR. 121. Pendant la procession vers l'autel, on exécute le chant d'entrée (cf. n. 47-48).

IGMR. 48. [Le chant d'entrée] Il est exécuté alternativement par la chorale et le peuple ou, de façon analogue, par le chantre et le peuple, ou bien entièrement par le peuple ou par la chorale seule. On peut employer ou bien l'antienne avec son psaume qui se trouvent soit dans le Graduel romain soit dans le Graduel simple ; ou bien un autre chant accordé à l'action sacrée, au caractère du jour ou du temps, dont le texte soit approuvé par la Conférence des évêques.

Note du webmaster : "un autre chant" : c'est ce qui est courament pratiqué dans les paroisses aujourd'hui. On voit clairement que les autres usages (alternance foule/chorale, ou foule/chantre, ou chorale seule) se sont perdus. Sans aucun doute le répertoire musical, et donc la culture musicale propre de l'Eglise, y aura perdu beaucoup.

Si l'on n'a pas de chant pour l'entrée, on fait réciter l'antienne que propose le Missel, soit par les fidèles, soit par certains d'entre eux, soit par un lecteur ou, à leur défaut, par le prêtre lui-même, qui peut l'adapter en forme de monition d'ouverture.

Salutation à l'autel et encensement

IGMR. 274. [b] Si le tabernacle avec le Saint-Sacrement est dans le sanctuaire, le prêtre, le diacre et les autres ministres font la génuflexion quand ils arrivent devant l'autel et s'en retirent mais non pendant la célébration de la messe.

Autrement, tous ceux qui passent devant le Saint-Sacrement font la génuflexion sauf s'ils s'avancent en procession.

Les ministres qui portent la croix de procession ou les cierges font une inclination de la tête à la place de la génuflexion.

IGMR. 122. Lorsqu'on est parvenu à l'autel, le prêtre et les ministres font une inclination profonde.

La croix avec l'effigie du Christ crucifié, si elle a été portée en procession, est dressée de manière à ce qu'elle devienne la croix de l'autel, qui doit être unique, autrement dans un autre endroit approprié ; les chandeliers sont placés sur ou près de l'autel ; l'Evangéliaire est déposé sur l'autel.

Note du webmaster : IGMR 122 est une indication généraliste. La logique permet de faire quelques déductions : la croix de procession est placée dans un coin s'il y a déjà une croix visible à l'autel ; il est possible que les candélabres de procession ornent l'autel (par paires et de manière symétrique : voir IGMR 117) soit en étant tous utilisés s'il est prévu deux cierges, ou bien en étant ajoutés pour former un ensemble de quatre à six cierges (ou sept quand il y a l'Evêque) ; on place sur l'autel l'Evangile, et non pas un simple lectionnaire, car l'Ancien Testament n'a pas sa place sur l'autel qui est une image du Christ.

IGMR 123. Le prêtre monte à l'autel et le vénère par un baiser. Ensuite, s'il le juge bon, il encense la croix et l'autel, en en faisant le tour.

CE. 131. [a] L'Evêque, alors qu'il parvient devant l'autel, donne la crosse à un ministre et, la mitre déposée, fait une profonde révérence à l'autel avec les diacres et les autres ministres qui l'entourent. Ensuite, il monte à l'autel et l'embrasse, ce que font aussi les diacres.

Après cela, l'encens ayant été de nouveau imposé dans l'encensoir par l'acolyte si cela est nécessaire, il encense l'autel et la croix, les deux diacre l'entourant.

IGMR 277. (...) On encense l'autel par des coups d'encensoir successifs de la façon suivante:

a) Si l'autel est séparé du mur, le prêtre l'encense en en faisant le tour.
b) Si l'autel est placé contre le mur, le prêtre encense en passant d'abord le long du côté droit, puis du côté gauche.

Si la croix est sur l'autel ou près de lui, le prêtre l'encense avant l'autel ; sinon il l'encense lorsqu'il passe devant elle.

Note du webmaster : la notion de gauche et de droite s'entend le prêtre étant dos au peuple, puisque dans le cas cité l'autel est collé au mur. Preuve, parmi d'autres, que la messe dos au peuple n'a pas été réformée par le Concile, et qu'il ne fallait donc pas détruire les anciens autels...

CE. 131. [b]. L'autel ayant été encensé, l'Evêque, accompagné des ministres, se rend à la cathèdre par le plus court chemin. Deux diacres se tiennent de part et d'autre de la cathèdre, afin qu'ils puissent être rapidement au service de l'Evêque, et s'il font défaut, deux prêtres concélébrants.

Le signe de croix

CE. 132. Ensuite l'Evêque, les concélébrants et les fidèles se tenant debout font le signe de la croix, puis l'Evêque tourné vers le peuple dit "In nomine patris". Alors, étendant les mains, il salue le peuple en disant "Pax vobis", ou une autre formule proposée dans le Missel.

Note du webmaster : CE 132 vaut aussi pour les prêtres, et non pas seulement pour les évêques. Les formules du missel sont "La grâce de Jésus notre Seigneur...", "Le Seigneur soit avec vous" ou "Que Dieu notre Père...". Toute autre formule, inévitablement absente du missel, est à exclure.

Ensuite l'Evêque lui-même, ou un diacre, ou un des concélébrants, peut dire une brêve parole d'introduction des fidèles à la messe du jour. Après quoi l'Evêque invite à l'acte pénitentiel qu'il conclue en disant "Miseratur nostri". Un ministre, si c'est sa tâche, tient le livre devant l'évêque.

Lorsqu'on emploie le troisième formule de l'acte pénitentiel, les invocations sont déclamées par l'Evêque lui-même, par un diacre, ou par un autre ministre apte.

La préparation pénitentielle : aspersion, Confiteor et Kyrie

CE. 133. Le dimanche, à la place habituelle de l'acte pénitentiel, il sera très louable de faire une bénédiction et une aspertion d'eau.

Après la salutation, l'Evêque, debout à la cathèdre, tourné vers le peuple et ayant devant lui le bénititer avec de l'eau à bénir tenu par un ministre, invite le peuple à la prière après une brêve pause silencieuse, dit l'oraison de bénédiction. Là où la tradition populaire conseille d'utiliser du sel mélangé à l'eau bénite, l'Evêque bénit alors le sel, puis le plonge dans l'eau.

Note du webmaster : l'Eglise n'a jamais demandé la disparition du sel dans le rite de bénédiction de l'eau, en tout cas pas en Europe.

Prenant ensuite le goupillon au diacre, l'Evêque s'asperge et asperge les concélébrants, les ministres, le clergé et le peuple, traversant l'église selon l'opportunité, les diacres l'accompagnant.

Note du webmaster : on note ici une hiérarchisation de l'ordre de l'aspersion, depuis l'Evêque jusqu'à l'assemblée. Il y un parallèle à établir avec l'encensement, qui connaît une hiérarchisation identique.

Pendant ce temps on chant un chant qui accompagne l'apsersion.

(...)

Note du webmaster : il est donc clair qu'une aspersion sans chant est peu liturgique. Beaucoup objecteront avec raison que le choix des chants est extrêmement difficile pour la bonne raison qu'il n'existe pratiquement aucun chant convenant à cet instant. Il n'y a rien de plus vrai. Alors que le répertoire grégorien connaît deux versions d' "Asperges me" et un "Vidi aquam" pour le temps pascal, le répertoire en français demeure désespérément vide, ou presque, puisqu'on ne trouve qu'un ou deux chants offrant des traductions approximatives, et qui de plus s'inspirent du "Vidi aquam" (J'ai vu l'eau), lequel ne convient qu'au temps pascal.
La balle est donc, depuis longtemps, dans le camp des compositeurs. En attendant, il reste à justifier la marginalisation des pièces grégoriennes...

CE. 132. [d] Lorsqu'on emploie la troisième formule de l'acte pénitentiel, les invocations sont déclamées par l'Evêque lui-même ou par un diacre, ou par un autre ministre apte.

Notes du webmaster : les invocations de la troisième formule sont confiées à l'évêque ou à un diacre et dans les paroisses, en vertu de CE 12, au célébrant. En effet, il s'agit-là d'une prière de médiation entre Dieu et les hommes, ce qui est la mission essentielle du prêtre. Il est donc clair que le "ministre apte" dont il est question doit présenter aux yeux des fidèles une préfiguration du sacerdoce : en conséquence il ne peut être un laïc de l'assemblée, mais au minimum un ministre en vêtement de choeur.
Aucun autre texte de Kyrie n'est permi en dehors de ces trois formules ci-dessus.
Une quatrième formule consiste à utiliser le rituel de l'aspersion avec le chant qui doit l'accompagner. Dans ce cas on récite le "Je confesse à Dieu", mais pas le Kyrie, comme l'indique l'article 34 du Cérémonial de Evêques, ci-dessous.

CE. 134. Après l'acte pénitentiel, on dira le Kyrie, sauf si l'aspersion a été faite ou si la troisième formule de l'acte pénitentiel a été employée, ou s'il est statué d'une autre manière dans les rubriques.

IGMR. 52. Après la préparation pénitentielle, on commence le Kyrie, eleison, à moins que cette invocation n'ait déjà trouvé place dans la préparation pénitentielle. Puisque c'est un chant par lequel les fidèles acclament le Seigneur et implorent sa miséricorde, il est habituellement accompli par tous, le peuple, la chorale ou un chantre y tenant leur partie.

Note du webmaster : s'il n'y a pas d'aspersion, le Missel propose trois formules au choix :
- 1ère formule : récitation du "Confiteor" (Je confesse à Dieu), puis prière du "Kyrie"
- 2ème formule : le célébrant : "Seigneur accorde-nous ton pardon" ; l'assemblée : "Nous avons péché contre Toi" ; le célébrant : "Montre-nous ta miséricorde" ; l'assemblée : "Et nous serons sauvés". Puis prière du "Kyrie".
- 3ème formule : le célébrant "Seigneur Jésus, envoyé par le Père pour guérir et sauver les hommes, prends pitié de nous" ; l'assemblée : "Prends pitié de nous" ; le célébrant : "O Christ, venu dans le monde appeler tous les pécheurs, prends pitié de nous" ; l'assemblée : "Prends pitié de nous" ; le célébrant : "Seigneur, élevé dans la gloire du Père, où tu intercèdes pour nous" ; l'assemblée : "Prends pitié de nous".
Cette formule mêle en une seule prière le rite pénitentiel et le "Kyrie eleison", lequel ne doit alors pas être récité ensuite, comme le précise CE 134.

Chaque acclamation est ordinairement dite deux fois, mais cela n'exclut pas, (...) qu'on puisse la répéter davantage. Quand le Kyrie est chanté comme faisant partie de la préparation pénitentielle, on fait précéder d'un " trope " chaque acclamation.

Note du webmaster : la répétition de chaque phrase du Kyrie doit donc être dite au moins deux fois. Le but est de permettre la forme responsoriale, dite encore "antiphonée" , chur / assemblée. La triple répétitions de chacune des trois phrases (soit neuf membres) est la seule a être enracinée dans l'Histoire de l'Eglise, elle remonte pratiquement aux origines, notamment en Gaule.
En gardant la triple invocation, on peut recourir à différentes formes :
- trois fois en suivant l'alternance traditionnelle choeur/assemblée : "Kyrie" choeur/assemblée/choeur ; "Christe" assemblée/choeur/assemblée ; "Kyrie" choeur/assemblée/choeur. Cette forme convient particulièrement aux Kyrie grégoriens, si l'assemblée les connaît.
- trois fois l'alternance chantres / chur / assemblée. Cette forme permet à l'assemblée d'entendre deux fois la mélodie avant de la chanter. Elle ne convient pas aux Kyrie grégoriens, qui utilisent au moins une variation, par exemple dans la conclusion.
- trois fois l'alternance petit choeur / assemblée / grand choeur. Cette forme, peu fréquente, permet d'achever chaque invocation par une polyphonie plus développée, tout en ayant permi la participation de l'assemblée. Peu d'oeuvres permettent cette forme, qui nécessite souvent un montage astucieux à l'initiative du chef de choeur. Elle permet également le recours à certains Kyrie grégoriens avec une assemblée qui les connaît mal, en lui évitant la variation finale.

Chaque acclamation est composée du texte présenté par le Missel, qui doit rester intact et sans ajout. L'inclusion d'un tropaire bref ne prévoit qu'un seul texte, celui qui est également mentionnée par le Missel comme étant la troisième formule de l'acte pénitentiel.
Les tropaires, ou tropes, sont parfois très anciens : il s'agissait à l'origine d'un moyen pédagogique pour mémoriser les phrases musicales longues, et il furent introduits dans la liturgie, en particulier sur la dernière syllabe des Kyrie (d'où le sobriquet de "Kyrie farci"). Malgré leur inutilité liturgique et l'alourdissement qu'ils induisaient; ils devinrent très à la mode. Saint Pie V les fit supprimer, la réforme de 1964 a voulu en retrouver l'usage.
L'Histoire montre en tout cas que le trope n'est en aucun cas fait pour être lu : il est intimement lié au chant, et doit donc être omis plutôt que d'être récité.

Le Gloria

IGMR. 53. Le Gloria in excelsis est une hymne très ancienne et vénérable par laquelle l'Église, rassemblée dans l'Esprit Saint, glorifie Dieu le Père et l'Agneau, et supplie celui-ci. On ne peut remplacer le texte de cette hymne par un autre. Le Gloria est entonné par le prêtre ou, si on le juge bon, par un chantre ou par la chorale ; il est chanté par tous, ensemble, ou par le peuple alternant avec la chorale, ou par celle-ci. Si on ne le chante pas, il doit être récité par tous, ensemble ou par alternance entre deux choeurs.

CE.133. (...) Revenu à la cathèdre, le chant étant terminé, l'Evêque debout, étendant les mains, dit l'oraison de conclusion. Ensuite, quand c'est prescrit, on chante ou on dit l'hymne "Gloria in excelsis".

CE. 135. Le "Gloria" est dit selon les rubriques. Il peut, en outre, être entonné par l'Evêque ou l'un des concélébrants ou l'un des chantres. Pendant que l'hymne est chantée, tous se tiennent debout.

Note du webmaster : le "Gloria" est une hymne, c'est à dire qu'elle se chante de manière linéaire du début jusqu'à la fin, et n'est pas faite pour être découpée en couplets intercalés avec un refrain. Cet usage, qui résulte d'une mode, est dû à la perte des repères historiques en matière de liturgie.
D'autre part le "Gloria" ne peut être remplacé en tout ou partie par un autre texte, ni se voir ajouté quoi que ce soit. Comme pour le reste de l'ordinaire de la Messe, le texte du Missel doit être intégralement respecté. Il n'est pas permi de changer l'ordre des mots ou de les utiliser autrement que tels qu'ils apparaissent dans le Missel Romain (De Musica Sacra, art. 21).
CE 135 précise en outre que l'intonation du Gloria peut être chantée par un chantre. Ce modèle vaut également pour toutes les autres formes de messe.

CE. 300. [A la messe de la Cène du Seigneur, le Jeudi Saint] [b] Pendant qu'on chante l'hymne "Gloria in excelsis", on sonne les cloches, qui restent ensuite en silence jusqu'à la Vigile Pascale, sauf si la Conférence des Evêques ou l'Evêque du diocèse le statue différemment, selon l'opportunité.

Note du webmaster : il convient de remarquer que le mutisme des cloches doit également être observé par les instruments de musique durant cette même période.

CE. 349. [A la Vigile Pascale] Après la dernière lecture de l'Ancien Testament avec son répons et son oraison, on allume les cierges de l'Autel et on entonne solennellement l'hymne "Gloria in excelsis", pendant que sonnent les cloches, selon les coutumes locales.

Note du webmaster : on peut rehausser la sonnerie des cloches du Gloria du Jeudi saint et de la Vigile pascale par l'utilisation simultanée de la clochette dans le chur, selon un usage connu. On rend ainsi la sonnerie présente au cur même de la célébration. Pour des raisons de commodité, on attendra que le prêtre ou le chantre ait finit d'entonner : la sonnerie de la clochette commencera en même temps que "Et paix sur la terre/Et in terra pax hominibus". Si le sonneur ne pense pas pouvoir tenir pendant tout le Gloria, il est préférable qu'il ne s'arrête pas au hasard, mais en profitant de la fin d'une phrase, ou encore qu'il se fasse relayer par un deuxième sonneur muni d'une deuxième clochette.

Prière après le Gloria : la "collecte"

IGMR 50. Lorsque le chant d'entrée est fini, le prêtre, debout à son siège, fait le signe de la croix avec toute l'assemblée. Ensuite, en saluant la communauté rassemblée, il lui manifeste la présence du Seigneur. Cette salutation et la réponse du peuple manifestent le mystère de l'Église rassemblée.

Les lectures

Note du webmaster : tous les textes mentionnent l'existence "du lecteur". C'est bien une personne... et non plusieurs. Il est abusif de faire lire un seul texte par une succession de lecteurs, qu'il s'agisse d'adultes ou d'enfants. La dérive qui consiste à donner des voix aux personnages entrant dans le récit est un autre abus, de même que le fait de mimer la lecture pendant qu'on la lit. Le lecteur n'est pas un comédien ou un acteur, il est avant tout une voix qui est prêtée pour rendre sonore l'Ecriture. C'est en tant que tel qu'il se conduit lorsqu'il lit l'Ecriture Sainte : il est l'instrument de Dieu pour le bien de ses fères, et non un interprête qui joue un rôle. Pour cette raison l'attitude du lecteur ne doit pas être celle d'un orateur qui centre l'attention sur lui, qui ménage des effets. La voix du lecteur doit rester sobre, bien qu'audible, et inviter à la méditation. La Parole de Dieu se suffit à elle-même dans son expression, elle n'a pas besoin d'être améliorée dans sa forme. Si des compléments sont a apporter, le prêtre en fera l'objet de l'homélie qui est avant toute chose prévue pour cela.

On peut encore constater que la lecture à plusieurs lecteurs, ou la lecture avec mime est une déviance grave encore fréquente en France, et voulue par des curés de paroisse qui ont fait le choix, en pleine conscience, de ne pas être vigilants. Il revient alors aux fidèles de l'être à leurs place ; ils ont le droit (Code de Droit Canon) de faire des reflexions à leur curé lorsqu'il se trompe. Et si celui-ci ne veut rien entendre, ils ont le droit de protester auprès de l'évêque qui est alors tenu de réagir.

Enfin le lecteur doit terminer par "Parole du Seigneur", et l'assemblée doit répondre par "Nous rendons grâce à Dieu". Il s'est répandu l'habitude d'ignorer cet usage, ce qui montre ainsi que les lecteurs concernés devraient recevoir une formation suffisante avant de faire les lectures. Certains missels (par exemple l'édition Tardy, Droguet-Ardent, CMR, de 1986) présentent cette formule conclusive comme une option ("La lecture peut être conclue ainsi : ..."). C'est manifestement une erreur que l'éditeur n'aurait pas du laisser passer, car la formule latine est "Verbum Domini" à quoi l'on répond "Deo gratias" ; la formule se traduit par "Parole du Seigneur / Nous rendons grâce à Dieu". Il n'y a pas d'autre choix, et encore moins celui de ne rien dire du tout. Et faute de prononcer la formule d'acclamation, il est fréquent de voir le psaume enchaîné directement comme s'il s'agissait d'un chapitre suivant à l'intérieur de la lecture, ce qui destructure la liturgie et compromet gravement la pédagogie la plus élémentaire sur l'Ecriture Sainte.

RS. 62. Il n'est pas licite d'omettre ou de changer arbitrairement les lectures bibliques qui sont prescrites, ni surtout de remplacer «les lectures et le psaume responsorial, qui contiennent la parole de Dieu, par d'autres textes choisis hors de la Bible».

Psaume, ou graduel, ou trait

CME. 2) [b] Un psaume responsorial suit la première lecture ; il est partie intégrante de la liturgie de la parole.

Note du webmaster : on peut constater qu'en beaucoup d'endroits le psaume est remplacé par un chant ordinaire, parfois même sans aucun rapport avec le thème abordé par l'Ecriture. La situation tend vers l'amélioration, car le psaume a retrouvé une popularité certaine parmi les chrétiens en général. Mais sa place dans la liturgie nécessite encore une pédagogie de fond.

MS. 33. [b] Parmi les chants du propre, a une particulière importance le chant placé après les lectures, sous forme de graduel ou de psaume responsorial. De par sa nature, il fait partie de la liturgie de la parole ; aussi doit-il être exécuté, tandis que tous sont assis et l'écoutent, et même, autant que possible, avec leur participation.

Note du webmaster : "Responsorial" : forme chantée qui inclue une réponse de l'assemblée au soliste ou aux chanteurs, grâce à un refrain ou bien plus directement par une alternance.

IGMR. 196. (...) A défaut de psalmiste, il [le lecteur] peut dire le psaume responsorial après la première lecture.

IGMR. 129. Ensuite, le psalmiste, ou le lecteur lui-même dit le psaume, auquel le peuple répond habituellement par un refrain (cf. n. 61).

IGMR. 61. La première lecture est suivie du psaume responsorial, ou graduel, qui fait partie intégrante de la liturgie de la Parole et a une grande importance liturgique et pastorale, car elle favorise la méditation de la parole de Dieu.

Le psaume responsorial correspond à chaque lecture et se prend d'ordinaire dans le Lectionnaire.

Il importe que le psaume responsorial soit chanté, au moins pour ce qui est de la réponse du peuple. Le psalmiste, ou chantre du psaume, dit les versets du psaume à l'ambon ou à un autre endroit approprié, tandis que toute l'assemblée est assise et écoute ; habituellement celle-ci participe par un refrain, à moins que le psaume ne soit dit de manière suivie, c'est-à-dire sans reprise d'un refrain. Cependant, pour que le peuple puisse plus facilement donner une réponse en forme de psalmodie, on a choisi quelques textes de refrains et de psaumes pour les différents temps de l'année ou pour les différentes catégories de saints, que l'on peut employer, au lieu du texte correspondant à la lecture, chaque fois que le psaume est chanté. Si le psaume n'est pas chanté, on le récitera de la manière la plus apte à favoriser la méditation de la parole de Dieu.

A la place du psaume marqué dans le Lectionnaire, on peut chanter aussi le répons graduel du Graduel romain, ou le psaume responsorial ou alléluiatique du Graduel simple, tels qu'ils sont libellés dans ces différents livres.

Notes du webmaster :

L'usage exclusif du chant grégorien, chant communautaire par excellence, a beaucoup contribué à la disparition du psalmiste. En effet, la notion de soliste est inconnue en chant grégorien, en dehors des intonations, des litanies et du chant de la Passion. Si on ne prend pas le répertoire grégorien, le sommet de l'art du psalmiste, s'il a été formé au chant sacré, est de pouvoir improviser un ton de psalmodie dans le ton du refrain pris par l'assemblée ; n'oublions pas que les psalmistes, dans les temps anciens, étaient réputés selon leurs capacités d'improvisation.

L'organiste, s'il suit l'harmonisation du refrain, doit pouvoir accompagner les versets sans difficulté. Pour celà il ne jouera pas la mélodie mais seulement les accords de l'harmonie. Il faut noter que la technique d'accompagnement des psaumes est inconnue des Conservatoires, et qu'elle ne peut être apprise qu'auprès d'un organiste lui-même rompu à l'accompagnement des psaumes. Force est de constater que cet art, très particulier, s'est beaucoup perdu.

Enfin il ne faut pas oublier une autre forme de psaume qui est aujourd'hui tombée dans l'oubli chez les musiciens d'église : il s'agit du faux-bourdon. Cette forme d'écriture, qui alterne dans un même verset polyphonie recto-tono non mesurée et polyphonie mesurée est certainement la plus remarquable, et ne présente pas pour autant de difficulté particulière hormis la maîtrise de la psalmodie ordinaire.

Le mot "graduel" vient du temps où le psaume se chantait pendant que le prêtre gravissait les marches menant au jubé, d'où il proclamait l'évangile (graduel > gradins > marches). Ce mot a subsisté dans le vocabulaire grégorien, même si son nom ne se justifie plus puisqu'il n'y a plus de gradins pour accéder à l'Evangéliaire, et que le prêtre ne s'y rend que pendant l'Alleluia.
Le mot "trait" est riche de signification : le "tractus" latin évoque le "trait" dans son sens ancien : flêche ou javelot dont la trajectoire est ininterrompue. Ainsi le trait se chante du début jusqu'à la fin, sans arrêt, ni altération de tempo, ni reprise, ni même de formule de conclusion. Sur ce point il diffère du psaume de la liturgie des heures où l'on ajoute systématiquement une doxologie. L'insertion de refrains dans le psaume n'est qu'une possibilité (et non une obligation) retrouvée par la réforme concilaire : le "graduel" grégorien démontre, par sa structure conforme à l'idée du "tractus", que le psaume chanté sans refrain est tout aussi licite que chanté avec.

L'Alleluia

IGMR 62. Après la lecture qui précède immédiatement l'Evangile, on chante l'Alleluia ou un autre chant établi par les rubriques, selon ce que demande le temps liturgique. Ce genre d'acclamation constitue un rite ou un acte ayant valeur en lui-même, par lequel l'assemblée des fidèles accueille le Seigneur qui va leur parler dans l'Evangile, le salue et professe sa foi en chantant. L'acclamation est chantée par tous debout, la chorale ou le chantre donnant l'intonation et, le cas échéant, on répète l'acclamation ; le verset est chanté par la chorale ou le chantre.

L'Alleluia est chanté en tout temps en dehors du Carême. Les versets sont pris au Lectionnaire ou au Graduel.

Pendant le Carême on remplace l'Alleluia par un verset avant l'Evangile, qui se trouve dans le Lectionnaire. On peut encore chanter un autre psaume ou trait, tel qu'on le trouve dans le Graduel.

Notes du webmaster :
Le terme "graduel" désigne ici un psautier liturgique contenant les psaumes avec leur musique.
On constate que la longueur du chant de l'Alleluia dans sa forme traditionnelle, c'est à dire en grégorien, est d'une durée qui dépasse une minute, tandis que l'Alleluia pris dans le Lectionnaire ne dépasse pas vingt secondes. Or l'Alleluia devrait toujours accompagner les préparatifs de la proclamation de l'Evangile. Ces préparatifs sont les suivants :
- en premier lieu, si on emploie l'encens, le prêtre, en étant à son siège, le met dans l'encensoir (IGMR 132).
- si c'est un diacre qui lit l'Evangile, il reçoit ensuite la bénédiction du célébrant.
- le prêtre, ou le diacre, se place face à l'autel, et s'incline le temps de dire la prière prévue. Après quoi rien n'interdit que tous, acolytes compris, se tiennent face à l'autel le temps que le chant touche à sa fin.
Conclusion : il est très recommandable, notamment les dimanches et fêtes, de chanter aussi le verset, et même d'en ajouter (à partir d'un psaume approprié) de sorte que le mot "Alleluia" soit réellement une antienne, c'est à dire un refrain. Il est important que le prêtre soit ainsi accompagné durant tout le temps où il se tient incliné devant l'autel, ce qui ne devrait jamais se faire brièvement.

IGMR 63. Quand il n'y a qu'une seule lecture avant l'Évangile:

Au temps où l'on doit dire l'Alleluia, on peut employer ou bien le psaume alléluiatique, ou bien le psaume et l'Alleluia avec son verset.

Au temps où l'on ne doit pas dire l'Alleluia, on peut employer ou bien le psaume et le verset avant l'Évangile ou bien seulement le psaume.

Si on ne chante pas l'Alleluia ou le verset avant l'Évangile, on peut les omettre.

Note du webmaster : autrement dit : le psaume reste obligatoire qu'il soit chanté ou récité ; par contre l'Alleluia, ou le verset qui le remplace en Carême, peuvent être omis s'ils ne sont pas chantés.

IGMR. 43. Les fidèles se tiendront debout (...) au chant de l'Alleluia avant l'Evangile (...).

Notes du webmaster :
- "A moins qu'il n'en ait été décidé autrement" : selon le droit, seul la Conférence Episcopale possède un tel pouvoir de décision.
- l'alleluia, dans sa forme grégorienne, peut durer suffisament pour accompagner toutes les actions du prêtre : mise de l'encens dans l'encensoir, bénédiction du diacre qui va lire s'il y en a un, temps de médiation face à l'autel pour le prêtre ou le diacre. Mais force est de constater que l'alléluia chanté en français est généralement ramené à une vingtaine de secondes, ce qui le réduit à la dimension d'un "accessoire" liturgique. Pour allonger l'Alleluia, on pourra prendre d'autres versets du psaume dont est tiré le verset du lectionnaire, et les utiliser avec l'Alleluia comme refrain. Cette forme ne fait que suivre un usage ancien. Elle a l'avantage de donner du temps au prêtre.

CE. 140. (...) A l'intonation de l'Alleluia, tous se lèvent, excepté l'évêque. Le thuriféraire s'avance et donne la navette à l'un des diacres, l'Evêque impose et bénit l'encens sans rien dire. Le diacre par qui l'Evangiles est proclamé s'incline profondément devant l'Evêque, demande la bénédiction, disant à mi-voix : "Iube, domne, benedicere". L'Evêque le bénit en disant : "Dominus sit in corde tuo". Le diacre fait le signe de croix et répond "Amen". (...)

IGMR 175. Pendant qu'on chante l'Alleluia ou le second chant, si l'on emploie l'encens, le diacre sert le prêtre qui met l'encens ; puis, profondément incliné devant le prêtre, il demande la bénédiction, en disant à mi-voix : "Père, bénissez-moi". Le prêtre le bénit en disant : "Que le Seigneur soit dans ton coeur..." etc. Le diacre se signe de la croix et répond : "Amen".

La Séquence, ou prose

IGMR 64. La séquence, qui est ad libitum sauf aux jours de Pâques et de la Pentecôte, est chantée après l'alleluia.

Notes du webmaster : "Ad libitum" : facultatif. Autrement dit, placer une séquence à chaque messe du dimanche est tout à fait liturgique, même si c'est infaisable faute de textes.

En renversant la proposition de IGMR 64, on comprend que les séquences de Pâques et de la Pentecôte ne peuvent en aucun cas être omises. Les séquences s'entonnent immédiatement après l'Alleluia. La séquence de Pâques est "Victimae Paschali laudes" ; celle de la Pentecôte est "Veni Sancte Spiritu".

Tandis qu'il est devenu facile de se procurer un chant en français du "Veni Sancte Spiritu", il faut reconnaître que les compositeurs français de la seconde moitié du XXe siècle ont complètement omis le "Victimae Paschali laudes". Dans les endroits, toujours très nombreux, où le latin est encore mal reçu, on se heurtera donc à une grande difficulté ; la seule solution sera donc de lire la séquence. En effet, le terme de "séquence" désigne un texte bien précis et ne permet donc pas de le remplacer par un autre texte.

Les séquences, qui se sont multipliées au Moyen-Age, on pratiquement disparu lors d'une uniformisation survenue au XIXe siècle. Le nom ancien de "prose" est encore popularisé par celle de la "Dédicace" de N.-D. de Paris, dont une partie de la musique, écrite au XIIe s. par Adam de Saint-Victor, a fait le succès du chant "Eglise du Seigneur" («Peuple de Dieu, Cité de l'Emmanuel...»). Soit dit en passant, la version originale est largement supérieure...

L'évangile

IGMR 57. Dans les lectures, la table de la parole de Dieu est dressée pour les fidèles, et les trésors bibliques leur sont ouverts. Il importe par conséquent d'observer la disposition des lectures bibliques, qui montre bien l'unité de l'un et l'autre testament et de l'histoire du salut, et il n'est pas permis de remplacer les lectures et le psaume responsorial, qui contiennent la parole de Dieu, par d'autres textes hors de la Bible.

RS. 63. Dans la célébration de la sainte Liturgie, la lecture de l'Évangile, qui «constitue le sommet de la liturgie de la Parole» est réservée, selon la tradition de l'Église, au ministre ordonné. Il n'est donc pas licite qu'un laïc, y compris un religieux, proclame l'Évangile durant la célébration de la sainte Messe, ni dans tous les autres cas, où les normes n'accordent pas explicitement une telle autorisation.

Note du webmaster : en France, ce grave abus est encore fréquent. S'agissant d'un acte illicite, les fidèles doivent intervenir et en informer l'évêque.

CE. 140. (...) Ensuite l'Evêque, sans mitre, se lève.

Le diacre va à l'autel, accompagné par le thuriféraire avec l'encensoir fumant, et les acolytes les cierges allumés. Le diacre fait une inclination vers l'autel, élève avec respect le livre des Evangiles, et omettant la révérance à l'autel, portant le libre solennellement, se dirige vers l'ambon, précédé par le thuriféraire et les acolytes avec les cierges.

IGMR. 175. (...) Ensuite, après une inclination profonde à l'autel, il prend l'Evangéliaire qui, comme cela est souhaitable, a été déposé sur l'autel et il se rend à l'ambon en portant le livre un peu élevé, précédé par le thuriféraire avec l'encensoir fumant et les ministres avec les cierges allumés. Là, il salue le peuple en disant les mains jointes : Le Seigneur soit avec vous. Puis quand il dit : "Evangile de Jésus Christ...", il signe du pouce le livre, puis lui-même au front, à la bouche et à la poitrine, il encense le livre et proclame l'Évangile. Celui-ci terminé, il dit : Acclamons la Parole de Dieu, et tous acclament : "Louange à toi, Seigneur Jésus". Il vénère le livre par un baiser en disant à voix basse : "Que cet Évangile efface, etc". et revient auprès du prêtre.

Quand le diacre assiste l'évêque, il lui porte le livre à baiser ou il baise lui-même le livre, en disant à voix basse : "Que cet Evangile efface...". Dans les célébrations solennelles, s'il le juge bon, l'Evêque bénit le peuple avec l'Evangéliaire.

Ensuite, le diacre peut porter l'Evangéliaire à la crédence ou en un autre endroit digne et convenable.

Lorsque le diacre annonce "Lectio sancti evangelii", l'évêque prend la crosse. Après la lecture le diacre dit "Acclamons la Parole de Dieu", et l'assemblée répond "Louange à Toi, Seigneur Jésus". Si l'évêque préside le diacre lui porte l'Evangile (Evangéliaire ou Lectionnaire), et l'évêque embrasse le livre en disant "Per evangelica dicta..." ou le diacre embrasse lui-même l'évangile en disant cette même parole secrètement. Puis il apporte le livre à la crédence (CE 140 et 141).

Notes du webmaster : on a vu se développer la mode de chanter à nouveau "Alleluia" après la lecture de l'Evangile. Ceci n'a aucun fondement, ni Liturgique, ni Historique. Seule l'acclamation habituelle est prévue. Elle peut être dite ou chantée.

CE. 141. (...) A la fin de l'Evangile, le diacre apporte le livre à l'Evêque qui l'embrasse et dit secrètement "Per Evangelia dicta...", ou le diacre l'embrasse lui-même disant cette même parole secrètement. Ensuite le diacre et les autres ministres retournent à leur place. Le livre des Evangiles est porté à la crédence ou à un autre lieu adapté.

L'homélie

ID. 3. L'homélie a pour but d'expliquer aux fidèles la parole de Dieu proclamée dans les lectures et d'en actualiser le message. L'homélie revient donc au prêtre ou au diacre.

RS. 64. L'homélie, qui est prononcée au cours de la célébration de la sainte Messe et fait partie de la liturgie elle-même,«est faite habituellement par le prêtre célébrant lui-même ou par un prêtre concélébrant à qui il l'aura demandé, ou parfois, si cela est opportun, aussi par le diacre, mais jamais par un laïc. Dans des cas particuliers et pour une juste cause, l'homélie peut être faite aussi par un Évêque ou un prêtre participant à la concélébration, même s'il ne peut pas concélébrer».

RS. 65. Il est rappelé qu'il faut tenir pour abrogée par le can. 767 § 1 toute norme antérieure qui aurait autorisé des fidèles non-ordonnés à prononcer l'homélie durant la célébration de l'Eucharistie. En effet, une telle permission doit être expressément réprouvée, et aucune coutume ne peut justifier qu'elle soit accordée.

RS. 66. L'interdiction adressée aux laïcs de prêcher durant la célébration de la Messe concerne aussi les séminaristes, les étudiants en théologie, tous ceux qui exercent la fonction d' «assistants pastoraux», et n'importe quel type de groupe, mouvement, communauté ou association de laïcs.

RS. 74. S'il apparaît nécessaire qu'un laïc transmette des informations ou présente un témoignage de vie chrétienne aux fidèles réunis dans l'église, il est généralement préférable que cela ait lieu en dehors de la Messe. (...).

C.E. 142. Ensuite, tous étant assis, l'Evêque mitré et crossé fait l'homélie à la cathèdre. (...)

IGMR 136. Le prêtre, debout à son siège ou à l'ambon ou, s'il le juge bon, à un autre endroit approprié, fait l'homélie à la fin de laquelle on peut observer un moment de silence.

CIC. 766. Les laïcs peuvent être admis à prêcher dans une église ou un oratoire si le besoin le requiert en certaines circonstances ou si l'utilité le suggère dans des cas particuliers, selon les dispositions de la Conférence des Evêques et restant sauf le Can. 767, § 1.

CIC. 767. § 1. Parmi les formes de prédication, l'homélie, qui fait partie de la liturgie elle-même et est réservée au prêtre ou au diacre, tient une place éminente ; au cours de l'année liturgique, les mystères de la foi et les règles de la vie chrétienne y seront exposés à partir du texte sacré.

Note du webmaster : comme le précise l'Instruction sur la Collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres du 15 août 1997, les "dispositions de la conférence des Evêques" sont soumises au Siège apostolique. En conséquence, ces dispositions ne peuvent pas être considérées comme des aménagements dépendant uniquement des autorités épiscopales d'un pays ; elles sont bel et bien soumises à l'autorité du Siège Apostolique, c'est-à-dire l'autorité du pape.
Or sur ce point, le Siège Apostolique est formel, comme l'indique l'article 3 de la même instruction :

De l'Instruction sur la Collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres , du 15 août 1997:
Art. 3 § 1. (...) l'homélie doit donc être réservée au ministre sacré, prêtre ou diacre. Les fidèles non ordonnés en sont exclus, même s'ils remplissent le rôle d' "assistants pastoraux" ou de catéchistes, auprès de n'importe quel type de communauté ou de groupe. (...)

L'Evêque diocésain lui-même n'est pas autorisé à dispenser de la norme de ce canon (citation d'une réponse de la Commission pontificale pour l'interprétation du Code de Droit canonique, en date du 20 juin 1987).

Note du webmaster : à travers tout celà, on comprend qu'il est difficilement possible de prêcher pour une personne non ordonnée (religieux non prêtre, religieuse). Si la Conférence épiscopale peut accorder cette possibilité, elle ne le fera que dans des contextes très particuliers, comme par un exemple un pays où l'on ne dispose que d'un prêtre pour un secteur paroissial de 300 km. de long, comme on en voit en Afrique ou en Asie. Ce genre d'aménagement est inconcevable en Europe.
Parmi les laïcs admis à précher, on peut noter les séminaristes se préparant au diaconat, qui s'exerceront dans le strict cadre du séminaire, et non pas en dehors. Plusieurs car rendent également nécessaire la précision suivante : les pasteurs protestants en sont pas autorisés à prêcher ; mais la raison fondamentale de cette impossibilité est d'abord le fait qu'ils ne sont pas ordonnés.

CIC. 767. § 2. A toutes les messes qui se célebrent avec concours du peuple les dimanches et jours de fête de précepte, l'homélie doit être faite et ne peut être omise que pour une cause grave.
CIC. 767. § 3. Il est hautement recommandé, s'il y a un concours de peuple suffisant, de faire l'homélie même aux messes célébrées en semaine surtout aux temps de l'Avent et du Carême, ou à l'occasion d'une fête ou d'un événement douloureux.
CIC. 767. § 4. Il appartient au curé ou au recteur de l'église de veiller à ce que ces dispositions soient religieusement observées.

De l'Instruction sur la Collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres , du 15 août 1997:
Art. 3 § 3. La possibilité du "dialogue" dans l'homélie peut parfois être utilisée avec prudence par le ministre célébrant, comme un moyen d'exposition qui ne comporte aucune délégation du devoir de la prédication.
Art. 3 § 5. L'homélie ne peut être confiée, en aucun cas, a des prêtres ou des diacres qui auraient perdu l'état clérical, ou qui auraient abandonné de toute façon l'exercice du ministère sacré.

Le Credo

RS. 69. Durant la sainte Messe, tout comme dans les autres célébrations de la sainte Liturgie, il n'est pas permis d'utiliser un Symbole ou une Profession de foi qui ne se trouve pas dans les livres liturgiques dûment approuvés.

IGMR 68. Le Symbole doit être chanté ou dit par le prêtre avec le peuple le dimanche et les jours de solennité ; on peut le dire aussi pour des célébrations particulières faites avec solennité.

S'il est chanté, il est entonné par le prêtre ou, si on le juge bon, par un chantre ou la chorale, mais il est chanté par tous ensemble ou par le peuple en alternance avec la chorale.

S'il n'est pas chanté, il doit être récité par tous ensemble ou en deux groupes qui se répondent l'un l'autre.

IGMR 137. Le symbole est chanté ou récité par le prêtre ensemble avec le peuple debout(cf. n. 68). Aux mots : Par l'Esprit Saint, il a pris chair, etc tous s'inclinent ; aux solennités de l'Annonciation et de Noël, tous font la génuflexion.

Note du webmaster : il n'y a pas de raison particulière pour que les chanteurs ne suivent pas ces prescriptions. L'inclinaison ne nuit pas au chant, comme le démontrent toutes les communautés monastiques lorsqu'ils chantent la doxologie des psaumes. Pour ce qui est de la génuflexion, il est facile de ne pas faire les mouvements au moment où l'on chante, mais de s'y prendre juste avant et juste après.

La prière universelle

Note du webmaster : conformément au contenu du Missel du célébrant, les intentions sont : 1 - pour les besoins de l'Eglise, 2 - pour les dirigeants et le monde, 3 - pour tous ceux qui sont accablés, 4 - pour la communauté locale. Lors d'une confirmation, d'un mariage ou d'obsèques, l'ordre des ces intentions pourra être adapté aux circonstances. En aucun cas la prière universelle ne peut concerner une personne ou un même un couple, même lors d'un mariage ou d'un enterrement. A plus forte raison il n'est pas liturgique de désigner des personnes lors de la prière universelle du dimanche.

L'offertoire et la préparation des offrandes

CE. 145. La Prière Universelle étant finie, l'Evêque s'assied (...).

IGMR 139. Lorsque la prière universelle est achevée, tous s'assoient et on commence le chant d'offertoire (cf. n. 74) s'il y a une procession des dons. L'acolyte ou un autre ministre laïc met sur l'autel le corporal, le purificatoire, le calice, la pâle et le missel.

Note du webmaster : le CE valant comme modèle pour toute la liturgie, il est bon qu'il soit repris pour les messes paroissiales. Si un diacre est présent, c'est à lui que revient de préparer l'autel, et non au prêtre. Comme pour la lecture de l'Evangile, il s'agit d'une fonction ministérielle et non présidentielle.

IGMR 73. Au commencement de la liturgie eucharistique, on apporte à l'autel les dons qui deviendront le Corps et le Sang du Christ.

D'abord on prépare l'autel, ou table du Seigneur, qui est le centre de toute la liturgie eucharistique, en y plaçant le corporal, le purificatoire, le missel et le calice, à moins que celui-ci ne soit préparé à la crédence.

Puis on apporte les offrandes : faire présenter le pain et le vin par les fidèles est un usage à recommander ; le prêtre ou le diacre reçoit ces offrandes à l'endroit le plus favorable, pour être déposées sur l'autel. Même si les fidèles n'apportent plus, comme autrefois, du pain et du vin de chez eux, ce rite de l'apport des dons garde sa valeur et sa signification spirituelle.

IGMR 74. La procession qui apporte les dons est accompagnée par le chant d'offertoire (Cf. n. 37b), qui se prolonge au moins jusqu'à ce que les dons aient été déposés sur l'autel. Les normes qui concernent la manière d'exécuter ce chant sont les mêmes que pour le chant d'entrée (n. 48). Le chant peut toujours accompagner les rites d'offertoire.

Note du webmaster : PGMR 50, précédente version d'IGMR 74, précisait : "si l'on ne chante pas, on omet l'antienne d'offertoire". IGMR 74 ne comporte plus cette prescription, mais ne l'annule pas non plus...
Il est bienvenu que le chant de l'offertoire, ou bien le morceau qui le remplace, dure jusqu'à ce que le prêtre s'essuie les mains après le "lavabo". Malheureusement, beaucoup de prêtres ont pris l'habitude de dire la prière de préparation des offrandes à voix haute (ce qui n'est pas demandé) et ensuite de ne pas encenser. Dès lors aucun chant ni morceau ne peut trouver ici de place. Cela devient possible, mais encore assez acrobatique, si le prêtre récite la prière à voix basse. Le mieux est évidemment qu'il y ait aussi un encensement, comme l'Eglise le suggère pour les dimanches, fêtes et solennités. Une pièce convenant à l'offertoire peut alors trouver sa place.
Cependant, elle devra prendre fin en s'adaptant impérativement au rythme du célébrant. Même si l'habitude permet de supposer une durée habituelle, les chanteurs devront exécuter un chant qui puisse s'arrêter assez facilement, par le biais d'une structure en couplets/refrain ; l'organiste, s'il joue en solo, doit être capable d'improviser une conclusion avant la fin normale du morceau. Tout ceci afin que jamais les musiciens ne fassent attendre le prêtre, car dans ce cas cela reviendrait à soumettre la célébration à la musique, ce qui n'est pas acceptable.

IGMR 139. Lorsque la prière universelle est achevée, tous s'assoient et on commence le chant d'offertoire (cf. n. 74) s'il y a une procession des dons. L'acolyte ou un autre ministre laïc met sur l'autel le corporal, le purificatoire, le calice, la pâle et le missel.

IGMR 140. Il est bien que la participation des fidèles se manifeste par l' offrande du pain et du vin pour la célébration de l'Eucharistie, comme par d'autres dons destinés à subvenir aux besoins de l'Église et des pauvres.

Les oblats des fidèles sont reçues par le prêtre, avec l'aide de l'acolyte ou d'un autre ministre. Le pain et le vin sont présentés au célébrant qui les dispose sur l'autel ; les autres dons sont déposées à un autre endroit approprié (cf. n. 73).

Notes du webmaster :
- la procession des dons permet d'apporter ce qui est offert par le travail des hommes en tant que fruits de la nature, dons de Dieu qui Lui sont retournés (ne pas confondre les offrandes à consacrer, et les offrandes pour la subsistance matérielle de l'Eglise : la première catégorie exige le respect, pas la seconde). En aucun cas la procession des offrandes ne concerne les vases sacrés, qu'ils soient vides ou pleins. Il faut donc prévoir un récipient spécifique pour porter les hosties durant la procession. Le ciboire ne convient pas, il est prévu pour la conservation au tabernacle. Le vin doit être porté dans une burette, afin que le diacre ou le prêtre la verse lui-même dans le calice apporté depuis la crédence. L'eau ne se porte pas en procession des offrandes, car n'étant ni le "fruit du travail des hommes" ni une espèce à consacrer, elle n'est pas une offrande (la tradition juive en atteste). Elle n'est qu'associée à l'offrande par le rituel.
- de même, faire porter le calice vide est un non sens. Un vase sacré n'est pas une offrande, et il est très dépréciatif pour ce récipient emblématique de la Céne du Seigneur qu'il passe entre toutes les mains.
- les dons sont reçus par le prêtre "avec la participation des ministres", ce qui veut dire que les personnes apportant les offrandes ne viennent pas elles-mêmes jusqu'à l'autel. Elles les confient à des servants d'autel à l'entrée du choeur.
- en certains lieux on a pris l'habitude de faire déposer des custodes (pour porter la communion aux malades) sur l'autel aux côtés des vases sacrés prévus par le rituel. Le calice, la patène et les ciboires contiennent les espèce que le prêtre consacre, et qui seront distribuées ensuite. Les custodes ne sont pas des vases sacrés liturgiques et n'ont pas leur place sur l'autel à ce moment. Il est bien plus indiqué de disposer le Corps du Christ dans les custodes à l'issue de la messe. De toute façon le curé de la paroisse, ou d'autres prêtres, devraient tout faire pour porter eux-même la communion aux malades (au lieu de déléguer massivement cette tâche).

CE. 146. L'évêque monte à l'autel, dépose la mitre, prend la patène des mains du diacre, et la tient des deux mains en même temps, quelque peu élevée au-dessus de l'autel, disant secrètement la formule présentée. (...)

Note du webmaster : CE 146 précise en effet que la formule prononcée n'est pas prévue pour être dite à voix haute.

IGMR. 75. (...) le prêtre peut encenser les dons placés sur l'autel, puis la croix, et l'autel lui-même, pour signifier que l'oblation de l'Eglise et sa prière montent comme l'encens devant la face de Dieu. Puis le diacre ou un autre ministre peut aussi encenser le prêtre, à cause de son ministère sacré, et le peuple, en raison de sa dignité baptismale.

La quête

IGMR 105. [parmi ceux qui exercent une fonction liturgique :]

c) Ceux qui font les collectes dans l'église.

Note du webmaster : il reste cependant que dans l'esprit des textes une distinction est toujours faite entre les ministères effectués hors du choeur et ceux qui sont effectués dans le choeur par des ministres en habit de choeur.

IGMR. 73. On peut aussi recevoir de l'argent, ou d'autres dons au profit des pauvres ou de l'Église, apportés par les fidèles ou recueillis dans l'église ; on les dépose donc à un endroit approprié, hors de la table eucharistique.

Note du webmaster : ce qui revient à la prescription de IGMR 140 : les oblations sont reçues avec l'aide des ministres. Les uages, apparus ça et là, consistant à placer les corbeilles de quête sur les marches du choeur ou bien au pied de l'autel ne semblent pas poser de problème liturgique. Mais si elles sont placées au pied de l'autel, il est plus approprié que ce soit les servants d'autel qui les y placent après les avoir reçues aux marches du choeur.

La prière eucharistique et la préface

RS. 51. On doit utiliser seulement les Prières eucharistiques contenues dans le Missel Romain ou légitimement approuvées par le Siège Apostolique, selon les modalités et dans les limites qu'il a fixées. «On ne peut tolérer que certains prêtres s'arrogent le droit de composer des Prières eucharistiques» ou qu'ils modifient le texte approuvé par l'Église, ou encore qu'ils adoptent d'autres Prières eucharistiques, dues à la composition privée.

CIC. 907. Dans la célébration eucharistique, il n'est permi ni aux diacres ni aux laïcs de éciter les prières, surtout la prière eucharistique, ou de remplir les actes propres au prêtre célébrant.

ID. 4. La proclamation de la prière eucharistique, qui de par sa nature est comme le sommet de toute la célébration, est réservée au prêtre en vertu de son ordination. C'est donc un abus que de faire dire certaines parties de la prière eucharistique par le diacre, par un ministre inférieur ou par les fidèles. Ce n'est pas pour cela que l'assemblée reste passive et inerte ; en silence, elle s'unit au prêtre par la foi et elle exprime son adhésion par les diverses interventions prévues au cours du déroulement de la prière eucharistique : réponse au dialogue de la préface, sanctus, acclamation après la consécration et amen final, après le Per ipsum, qui lui aussi est réservé au prêtre. Cet amen final, en particulier, devrait-être mis en valeur par le chant, car il est le plus important de tous ceux de la messe.

Note du webmaster : la mise en valeur de l'Amen final est ici recommandée pour les messes chantées. Lors des messes lues, il est inutile de persister à chanter cet Amen ou encore l'Alleluia si un trop petit nombre de fidèles rend le résultat décevant là où il devrait signifier une Eglise forte.

RS. 52. La proclamation de la Prière eucharistique, qui, par nature, est le sommet de toute la célébration, est réservée au prêtre en vertu de son ordination. Ainsi, c'est un abus de faire dire certaines parties de la Prière eucharistique par un diacre, par un ministre laïc, ou bien par un fidèle ou par tous les fidèles ensemble. C'est pourquoi la Prière eucharistique doit être dite entièrement par le prêtre, et par lui seul.

RS. 55. L'abus suivant se répand dans certains lieux : durant la célébration de la sainte Messe, le prêtre rompt l'hostie au moment de la consécration. Un tel abus est contraire à la tradition de l'Église. Il doit être expressément réprouvé et il est très urgent de le corriger.

RS. 56. Dans la Prière eucharistique, il ne faut pas omettre de mentionner les noms du Souverain Pontife et de l'Évêque diocésain, afin de respecter une tradition très ancienne et manifester la communion ecclésiale. En effet, «la communion ecclésiale de l'assemblée eucharistique est aussi communion avec son Évêque et avec le Pontife Romain».[134]

CIC. 908. Il est interdit aux prêtres catholiques de concélebrer l'eucharistique avec des prêtres ou des ministres d'Eglises ou de communautés ecclésiales qui n'ont pas la plein communion avec l'Eglise Catholique.

ID. 5. On doit utiliser les prières eucharistiques contenues dans le missel romain ou légitimement admises par le Siège Apostolique, selon les modalités et dans les limites qu'il a fixées. Modifier les prières eucharistiques approuvée par l'Eglise ou en adopter d'autres dues à la composition privée est un abus très grave.

ID. 6. On se rappellera qu'on ne doit pas superposer d'autres prières ou de chants à la prière eucharistique. En proclamant la prière eucharistique, le prêtre doit prononcer le texte clairement, de manière à en faciliter la compréhension aux fidèles et à favoriser la formation d'une véritable assemblée, toute attentive à la célébration du mémorial du Seigneur.

Note du webmaster : une tradition, connue chez les organistes, et qui pourrait être apparue au début du XXe s. (car impossible sans sonorisation), consiste à improviser un fond musical discret tandis que le prêtre poursuit la prière eucharistique après la consécration. Rien n'est vraiment clair à ce sujet. ID 6 ne vise que le chant, mais pourrait bien aussi, par extension, s'appliquer à toute forme musicale. Il reste à déterminer si l'interdiction est stricte, ou simplement motivée par la nécessaire audibilité du prêtre. Toujours est-il qu'en raison de l'excellent effet que peut avoir cet usage sur la piété, il n'a jamais été empéché là où on en avait l'habitude depuis bien longtemps. Il faut cependant souligner que pour être réussie, cette intervention nécessite une formation organistique poussée et un véritable sens de la liturgie.

IGMR 218. Les parties prononcées par tous les concélébrants ensemble, et surtout les paroles de la consécration, que tous sont tenues d'exprimer, doivent être dites à mi-voix, si bien que l'on entende clairement la voix du célébrant principal. De cette manière, le texte est mieux compris par le peuple.

Le Sanctus

DMS. 21. a) Il est rigoureusement interdit de changer en quelque façon que ce soit l'ordre des textes à chanter, d'en altérer ou omettre des paroles ou de les répéter d'une façon qui ne convient pas. (...).

Note du webmaster : le Sanctus est évidemment concerné par cette interdiction. Le texte du Missel doit donc être conservé intact mot pour mot. La triple invocation "Saint, saint, saint" existe au début du Sanctus, et ne doit pas être répétée comme un refrain, pas plus qu'on ne répète le début du Notre Père au cours de cette prière. Le Sanctus, comme le reste de l'ordinaire de la messe, est une prière liturgique, donc à forme fixe, qui se dit et se chante de manière linéaire.

La consécration

ID. 14. (...) On veillera à ne consacrer que la quantité de vin nécessaire à la communion.

IGMR. 150. Un peu avant la consécration, le ministre, selon l'opportunité, avertit les fidèles avec la clochette. Il sonne également à chaque élévation, conformément aux usages de chaque endroit.

Si l'on emploie l'encens, quand le prêtre montre l'hostie et le calice au peuple après la consécration, un ministre les encense.

IGMR. 43. (...)

Ils s'agenouilleront pour la consécration, à moins que leur état de santé, l'exiguïté des lieux ou le grand nombre des assistants ou d'autres juste raisons ne s'y opposent. Ceux qui ne s'agenouillent pas pour la consécration feront une inclinaison profonde pendant que le prêtre fait la génuflexion après la consécration.

IGMR. 275. (...) Le prêtre s'incline un peu lorsqu'il dit les paroles du Seigneur.

Note du webmaster : il est très clairement illicite de mélanger les différentes parties des Prières eucharistiques. Il est donc illicite d'introduire dans le rituel de la consécration les acclamations "Corps du Christ livré pour vous / Sang du Christ versé pour vous" lors des messes courantes, en semaine et le dimanche. Ces acclamation ne sont prévues que par la prière eucharistique pour les assemblées d'enfants n° 2, et ne peuvent être utilisées que si cette prière est utilisée entièrement.

IGMR. 276. On peut, à son gré, employer l'encens (...) à l'élévation du l'hostie et du calice.

A propos de l'anamnèse :

Note du webmaster : l'anamnèse doit reprendre l'une des trois formules présentées par le Missel. Il est illicite de la modifier, ou encore de la séparer en deux avec une "anamnèse sur le pain" et une "anamnèse sur le vin".

La doxologie finale

IGMR 236. La doxologie finale de la prière eucharistique est prononcée par le prêtre célébrant principal habituellement avec tous les concélébrants mais non par les fidèles.

Note du webmaster : là où l'assemblée a pris l'habitude de réciter "Par Lui, avec Lui et en Lui...", il faut donc expliquer la caractéristique sacerdotale de cette prière.

Le rite de la paix

IGMR 82. Vient ensuite le rite de la paix : l'Eglise implore la paix et l'unité pour elle-même et toute la famille des hommes et les fidèles expriment leur communion dans l'Eglise ainsi que leur amour mutuel avant de communier au sacrement.

En ce qui concerne le signe de la paix à transmettre, son mode sera décidé par les Conférences des évêques, selon la mentalité, les us et coutumes des différents peuples. Il convient cependant que chacun souhaite la paix de manière sobre et seulement à ceux qui l'entourent.

IGMR. 154. (...) Le prêtre peut donner la paix aux ministres, en restant cependant dans le sanctuaire, pour ne pas troubler la célébration. Il fera de même s'il veut, pour une juste cause, donner la paix à quelques fidèles. Tous se manifestent la paix, la communion et la charité mutuelle selon la manière établie par la Conférence des évêques. En donnant la paix, on peut dire : Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous, à quoi on répond : Amen.

Note du webmaster : il n'existe aucun texte affirmant que le rituel prévoit un chant accompagnant l'échange de la paix. Cette habitude, prise assez souvent, ne fait que prolonger inutilement un geste qui devrait s'accomplir brièvement, et établit une sérieuse confusion avec l'Agnus Dei au motif que celui-ci demande "la paix". Nombre de fidèles, occupés à échanger la paix, ignorent alors la fraction de l'hostie qui devient un accessoire, et sont parfois en train de circuler (voir ci-dessous à ce sujet) alors que l'Agnus Dei et commencé. On oublie que la paix demandée au Seigneur est d'une autre portée qu'une simple réconciliation humaine. L'échange de la paix ne doit donc en aucun cas paraître plus développé que l'Agnus Dei, et ne doit pas empiéter dessus.

IGMR. 181. Après que le prêtre a dit l'oraison pour la paix et : Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous, et que le peuple a répondu : Et avec votre esprit, c'est le diacre qui, si cela convient, invite à la paix en disant, les mains jointes et tourné vers le peuple : Frères, donnez-vous la paix. Lui-même reçoit du prêtre la paix, et il peut la présenter aux ministres les plus proches de lui.

IGMR. 239. Après la monition du diacre ou, en son absence, d'un concélébrant : Frères, donnez-vous la paix du Christ, tous se donnent la paix mutuellement. Ceux qui sont les plus rapprochés du célébrant principal reçoivent de lui la paix avant le diacre.

Note du webmaster : contrairement à ce qui se dit souvent, le signe de la paix n'est pas le symbole d'une paix souhaitée dans la société courante et dans le monde. Il s'agit d'une réalité istantanée et beaucoup plus intimiste, selon l'invitation faite par l'apôtre : avant de t'approcher de la table du Seigneur, réconcilie-toi avec ton frère.

Fraction de l'hostie et immixtion

IGMR 267. Puis, pendant qu'il dit l'Agnus Dei avec le ministre, le prêtre rompt l'hostie au-dessus de la patène. Une fois achevé l'Agnus Dei il fait l'immixtion en disant à voix basse : Que le Corps et le Sang.

Note du webmaster : l'immixtion signifie l'union du Corps et du Sang du Christ.

RS. 73. Dans la célébration de la sainte Messe, la fraction du pain eucharistique commence après l'échange de la paix, pendant que l'on dit l'Agnus Dei; elle est accomplie seulement par le prêtre célébrant, et, si le cas se présente, avec l'aide d'un diacre ou d'un concélébrant, mais jamais d'un laïc. En effet, le geste de la fraction du pain «accompli par le Christ à la dernière Cène et qui, depuis l'âge apostolique, a donné son nom à toute l'action eucharistique, signifie que les multiples fidèles, dans la Communion à l'unique pain de vie, qui est le Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde, deviennent un seul corps (1 Co 10, 17)». C'est pourquoi il faut accomplir ce rite avec le plus grand respect. Cependant, sa durée doit être brève. Il est très urgent de corriger l'abus, qui se répand dans certains lieux, de prolonger ce rite sans nécessité, y compris avec l'aide de laïcs, contrairement aux normes, et de lui attribuer une importance exagérée.

Agnus Dei

IGMR. 53. (...) Pendant que le prêtre rompt le pain et met dans le calice un fragment de l'hostie, l'invocation Agnus Dei est ordinairement chantée par la chorale ou le chantre, et le peuple y répond, ou bien elle est dite à haute voix. Cette invocation accompagne la fraction du pain et peut donc être répétée autant de fois qu'il est nécessaire jusqu'à ce que le rite soit achevé. La dernière fois, elle est conclue par les mots : donne-nous la paix.

Note du webmaster : s'il est indiqué ici que la répétition du chant se fait de manière à accompagner la fraction du pain, ce n'est pas pour viser une réduction de la durée de ce chant, mais plutôt son allongement. La formule minimale de l'Agnus ne saurait de toutes façons être inférieure à une fois "Agneau de Dieu ... prends pitié de nous" suivi de la conclusion "Agneau de Dieu ... donne-nous la paix".
La dernière ligne de cette article de l'IGMR nous indique clairement que les paroles de l'Agnus son fixes, et ne peuvent être interchangée avec un autre texte. Des textes tels que "La paix, oui la paix" sont tout simplement illicites.

Pendant le chant de l'Agnus Dei, le prêtre va prendre au tabernacle les hosties consacrées durant la messe précédente.

La Communion

IGMR 84. Le prêtre, par une prière à voix basse, se prépare, afin de recevoir fructueusement le Corps et le Sang du Christ. Les fidèles font de même par une prière silencieuse.

RS. 81. La coutume de l'Église affirme qu'il est nécessaire que chacun s'éprouve soi-même, afin que celui qui a conscience d'être en état de péché grave, ne célèbre pas la Messe ni ne communie au Corps du Seigneur, sans avoir recouru auparavant à la confession sacramentelle, à moins qu'il ait un motif grave et qu'il soit dans l'impossibilité de se confesser; dans ce cas, il ne doit pas oublier qu'il est tenu par l'obligation de faire un acte de contrition parfaite, qui inclut la résolution de se confesser au plus tôt.

RS. 84. De plus, lorsque la sainte Messe est célébrée pour une grande foule ou, par exemple, dans les grandes villes, il faut veiller à ce que des non-catholiques ou même des non-chrétiens, agissant par ignorance, ne s'approchent pas de la sainte Communion, sans tenir compte du Magistère de l'Église tant au plan doctrinal que disciplinaire. Il revient aux pasteurs d'avertir, au moment opportun, les personnes présentes à la célébration sur la vérité et la discipline, qui doivent être observées strictement.

RS. 85. Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements aux seuls fidèles catholiques, qui, de même, les reçoivent licitement des seuls ministres catholiques, restant sauves les dispositions des can. 844 §§ 2, 3 et 4, et du can. 861 § 2.[166] De plus, les conditions établies par le can. 844 § 4, auxquelles on ne peut déroger en aucun cas,[167] ne peuvent pas être séparées les unes des autres: il est donc nécessaire que ces dernières soient toujours toutes requises d'une manière simultanée.

RS. 160. Dans ce domaine, il est demandé à l'Évêque diocésain d'examiner de nouveau la pratique des années plus récentes, et de la corriger selon les cas, ou de définir plus précisément des règles de conduite. Dans les lieux où, pour une vraie nécessité, la pratique se répand de députer de tels ministres extraordinaires, il faut que l'Évêque diocésain publie des normes particulières, par lesquelles, en tenant compte de la tradition de l'Église, il réglemente l'exercice de cette fonction, selon les normes du droit.

RS. 86. Il faut inciter instamment les fidèles à recourir au sacrement de pénitence en dehors de la célébration de la Messe, surtout aux heures établies, de telle sorte que ce sacrement leur soit administré paisiblement et pour leur véritable profit, sans qu'ils soient empêchés de participer activement à la Messe. Il faut instruire ceux qui ont l'habitude de communier chaque jour ou très souvent, de l'importance de s'approcher du sacrement de pénitence d'une manière régulière, selon les possibilités de chacun.[168]

RS. 87. La première Communion des enfants doit toujours être précédée de la confession sacramentelle et de l'absolution.[169] De plus, la première Communion doit toujours être administrée par un prêtre, et elle ne doit jamais être reçue en dehors de la célébration de la Messe. Sauf dans des cas exceptionnels, il est peu approprié d'administrer la première Communion au cours de la Messe de la Cène du Seigneur du Jeudi Saint. Il est préférable de choisir un autre jour, comme les dimanches de Pâques (du 2ème au 6ème dimanche) ou la solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ou les dimanches «per annum», puisque le dimanche est considéré avec raison comme le jour de l'Eucharistie.[170] «Les enfants n'ayant pas encore atteint l'âge de raison», ou ceux que le curé «juge insuffisamment disposés», ne doivent pas être admis à recevoir l'Eucharistie.[171] Toutefois, il peut arriver exceptionnellement qu'un enfant, en dépit de son jeune âge, soit jugé assez mûr pour recevoir le sacrement; dans ce cas, on ne lui refusera pas la première Communion, pourvu qu'il soit suffisamment formé.

LES PLAINTES CONCERNANT LES ABUS LITURGIQUES

RS. 183. Selon les possibilités de chacun, tous ont le devoir de prêter une attention particulière à ce que le très saint Sacrement de l'Eucharistie soit défendu contre tout manque de respect et toute déformation, et que tous les abus soient complètement corrigés. Ce devoir, de la plus grande importance, qui est confié à tous et à chacun des membres de l'Église, doit être accompli en excluant toute acception de personnes.

RS. 184. Il est reconnu à tout catholique, qu'il soit prêtre, diacre ou fidèle laïc, le droit de se plaindre d'un abus liturgique, auprès de l'Évêque diocésain ou de l'Ordinaire compétent équiparé par le droit, ou encore auprès du Siège Apostolique en raison de la primauté du Pontife Romain. Cependant, il convient, autant que possible, que la réclamation ou la plainte soit d'abord exposée à l'Évêque diocésain. Cela doit toujours se faire dans un esprit de vérité et de charité.

CONDITIONS RELATIVES A LA DISTRIBUTION DE LA COMMUNION PAR DES LAICS

RS. 151. Dans la célébration de la Liturgie, on ne doit recourir à l'aide des ministres extraordinaires qu'en cas de vraie nécessité. En effet, cette aide n'est pas prévue pour assurer une participation plus entière des laïcs, mais elle est, par nature, supplétive et provisoire. Toutefois, s'il est nécessaire de recourir aux services de ministres extraordinaires, il faut multiplier les prières, spécialement et avec insistance, pour que le Seigneur envoie sans tarder un prêtre au service de la communauté et suscite de nombreuses vocations aux Ordres sacrés.

Note du webmaster : on peut lire ici, de manière absolument claire, que la distribution de la communion par les laïcs n'est pas une députation permanente, mais seulement temporaire en cas d'affluence. Qu'en conséquence il n'est pas normal que, pour une paroisse donnée, des laïcs distribuent la communion chaque dimanche.

RS. 157. Si, habituellement, les ministres sacrés présents à la célébration sont en nombre suffisant, y compris pour la distribution de la sainte Communion, il n'est pas permis de députer à cette fonction les ministres extraordinaires de la sainte Communion. Dans des circonstances de ce genre, ceux qui seraient députés à un tel ministère, ne doivent pas l'exercer. Il faut donc réprouver expressément l'attitude de ces prêtres qui, tout en étant présents à la célébration, s'abstiennent néanmoins de donner la communion, en chargeant les laïcs d'assumer une telle fonction.

Note du webmaster : cette attitude se voit encore fréquemment en France. Certains prêtres, au prétexte de reprise en main de l'Eglise par les laïcs (sic !) ou encore de la moindre fatigue, restent assis pendant que seuls des laïcs distribuent la communion. Dans un des cas constaté, l'évêque pourtant bien informé n'a pas réagi. En pareil cas extrême, les paroissiens ont alors le droit d'informer le Nonce Apostolique.

De l'Instruction sur la Collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres , du 15 août 1997 :

Art. 8. § 1. (...) Un fidèle non-ordonné, si des motifs de vraie nécessité y invitent, peut être député en qualité de ministre extraordinaire par l'Évêque diocésain, en utilisant la formule de bénédiction liturgique appropriée pour distribuer la sainte Communion y compris en dehors de la célébration eucharistique ad actum vel ad tempus, ou de façon stable. Dans des cas exceptionnels et imprévisibles, l'autorisation peut être concédée ad actum par le prêtre qui préside la célébration eucharistique.

Note du webmaster : ceci veut dire qu'une personne non ordonnée (ce qui comprend les religeux non ordonnés et les religieuses) ne peut distribuer régulièrement la communion que s'il en a reçu la mission de la part de l'évêque, chose qui se fait par écrit, l'évêque devant aussi bénir la personne de manière appropriée.
D'autre part, pour les fois où ce laïc devra distribuer la communion durant la messe, le prêtre célébrant lui confèrera, juste avant de lui remettre le calice, une bénédiction particulière (ce qui inclue que le prêtre trace le signe de croix, prononce la formule prescrite, et que de son côté le fidèle se signe).

Art. 8. § 2. Pour que le ministre extraordinaire, durant la célébration eucharistique, puisse distribuer la sainte Communion, il est nécessaire ou bien qu'il n'y ait pas d'autres ministres ordinaires présents, ou bien que ceux-ci soient vraiment empêchés. Il peut remplir aussi cette charge quand, à cause d'une participation particulièrement nombreuse de fidèles désireux de recevoir la sainte Communion, la célébration eucharistique se prolongerait excessivement en raison de l'insuffisance de ministres ordonnés.
(...) Il faut prévoir, entre autre, que le fidèle député à cela soit convenablement instruit sur la doctrine eucharistique, sur le caractère de son service, sur les rubriques à observer pour l'honneur dû à un si grand sacrement, et sur la discipline concernant l'admission à la communion. (...).
Il faut éviter et faire disparaître (...) l'usage habituel de ministres extraordinaires au cours des Messes, en étendant arbitrairement le concept de nombreuse participation .

Note du webmaster : il est ici dénoncé l'habitude qui consiste à justifier la distribution de la communion par les laïcs par un trop grand nombre de fidèles. Il faut bien voir que ce jugement est totalement subjectif, puisque chacun pourra voir une "foule nombreuse" quand ça l'arrange, même si dans le même temps on se plaint qu'il n'y pas assez de monde à la messe ! Sans doute trouverait-on la Communion moins longue si on la considérait réellement comme faisant partie du sommet de la célébration, si on percevait qu'elle se suffit à elle-même au lieu de la ressentir comme une corvée pour le prêtre et les fidèles ! Sur cette question RS 158 est très clair : "A ce sujet, on considère néanmoins que le fait de prolonger brièvement la célébration, en tenant compte des habitudes et du contexte culturel du lieu, constitue une cause tout à fait insuffisante" pour recourir à des laïcs.

LA COMMUNION DES FIDELES

De l'Instruction sur la Collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres , du 15 août 1997, à propos des laïcs distribuant la communion :
Art. 8. § 2 (...) Pour ne pas provoquer de confusions, il faut éviter et faire disparaître plusieurs pratiques, qui se sont répandues depuis quelque temps dans certaines Églises particulières, comme par exemple (...) le fait de se communier soi-même comme si l'on était concélébrant.

Note du webmaster : on voit en effet dans beaucoup de paroisses des laïcs qui sont appelés pour distribuer la communion alors que le prêtre n'est pas empêché de le faire (première anomalie). De plus ils communient par eux-même en même temps que le prêtre (deuxième anomalie) alors qu'ils ne doivent pas entrer dans le chur avant que le prêtre n'ai communié (troisième anomalie). Ajoutons également que souvent ils communient au Sang du Christ en dehors des cas prévus (quatrième anomalie).

ID. 9. La Communion eucharistique : la communion est un don du Seigneur, qui est donné aux fidèles par l'intermédiaire du ministre qui a été délégué pour cela. Il n'est pas permis aux fidèles de prendre eux-même le pain consacré et le calice ; et encore moins de se les transmettre les uns aux autres.

ATTITUDE CORPORELLE

ID. 11. L'Eglise a toujours exigé des fidèles un grand respect envers l'Eucharistie au moment où ils la reçoivent.

Quant à la manière de s'approcher de la communion, les fidèles peuvent la recevoir à genoux ou debout, selon les règles établies par les conférences épiscopales.

Lorsque les fidèles communient à genoux, il n'est pas requis d'eux un autre signe de révérence envers le Saint-Sacrement, puisque le fait de s'agenouiller exprime par lui-même l'adoration. Mais lorsqu'ils communient debout, il est vivement recommandé que, s'avançant en procession, ils fassent un acte de révérence avant la réception du sacrement, au lieu et au moment opportuns pour que l'accès et le départ des fidèles ne soient pas troublés.

RS. 90. «Les fidèles communient à genoux ou debout, selon ce qu'aura établi la Conférence des Évêques», avec la confirmation du Siège Apostolique. «Toutefois, quand ils communient debout, il est recommandé qu'avant de recevoir le Sacrement ils fassent le geste de respect qui lui est dû, que la Conférence des Évêques aura établi».

Note du webmaster : c'est une tromperie manifeste que de répandre l'idée que la communion à genoux a été supprimée par le Concile de Vatican II. Pour ceux qui communient debout, il est requis un "acte de révérence", or l'article 26 du même texte précise qu'il est nécessaire de garder la "vénérable coutume" de saluer le Saint-Sacrement par une génuflexion. En conséquence l'acte de vénération pour les fidèles communiant debout ne peut pas être une simple inclinaison, mais une génuflexion. De là à communier à genoux, ce qui est toujours d'usage, il n'y a pas de grande différence. Quand à l'intervention de la Conférences des Evêques, il n'est établi nulle part, pour la France notamment, qu'un décret ait été publié abrogeant l'usage de la communion à genoux.

RLDE. I E. (...) La balustrade (ou cancel), sans être absolument nécessaire, demeure traditionnelle. Là où elle existe, et surtout si elle est ancienne ou de qualité, on ne s'empressera pas de la supprimer. Elle est souvent utile comme appui pour permettre aux personnes âgées ou infirmes de s'agenouiller et de se relever plus commodément.

RS. 93. Il faut maintenir l'usage du plateau pour la Communion des fidèles, afin d'éviter que la sainte hostie, ou quelque fragment, ne tombe à terre.

A PROPOS DE LA COMMUNION DANS LA MAIN

Notes du webmaster : il est historique que cette forme de communion a été inventée à Genève par les protestants dès les premières années de leur existance, afin de contester le fait que le prêtre soit un "autre Christ" qui nourrisse chacun. Ce "concept" a été importé dans de très nombreuses paroisses catholiques où l'on a vu progressivement les fidèles se saisir eux-mêmes de l'hostie en la saisissant entre le pouce et l'index, alors que l'Eglise s'évertue à demander qu'au minimum elle soit reçue (c'est-à-dire dans la paume de la main). Le fait qu'un communiant saisisse le Corps du Christ est inconvenant, et démontre de très graves carences catéchétiques, ainsi qu'un manque de foi en Jésus Christ Fils de Dieu réellement présent sous l'espèce du pain.

La communion dans la main a conduit à des profanations inacceptables permises par l'attitude totalement laxiste de nombreux curés de paroisse qui n'imposent pas aux fidèles de consommer l'hostie immédiatement et face à l'autel (comme c'est prescrit pour la communion dans la main). Ainsi beaucoup peuvent quitter la messe en emportant des hosties :

1) - de nombreuses sectes, de par le monde, profitent de cette faiblesse pastorale pour se fournir sans difficultés en hosties consacrées

2) - beaucoup de personnes qui ne pratiquent pas vont à des messes de mariage ou des enterrements, se rendent à la communion pour "faire comme tout le monde" et n'adhérant pas à la foi mettent l'hostie dans leur poche et l'y oublient. Bien des fois des curés de paroisse sont contactés par du personnel de pressings qui demandent ce qu'ils doivent faire d'une hostie trouvée !

Extrait de l'Instruction "Memoriale Domini" du 29 mai 1969 de la Congrégation du Culte Divin :

"Compte tenu des remarques et des conseils de ceux que l'Esprit Saint a constitués intendant pour gouverner les Eglises, eu égard à la gravité du sujet et à la valeur des arguments invoqués, le Souverain Pontife n'a pas pensé devoir changer la façon traditionnelle de distribuer la communion aux fidèles.
Ainsi le Saint-Siège exhorte-t-il vivement les évêques, les prêtres et les fidèles à respecter attentivement la loi toujours en vigueur et qui se trouve confirmée de nouveau, en prenant en considération tant le jugement émis par la majorité de l'épiscopat catholique que par la forme utilisée actuellement dans la sainte liturgie, et enfin le bien commun de l'Eglise."

Note du webmaster : il est notoire dans les milieux bien informés que la communion dans la main n'a été acceptée par le Vatican que sous la pression d'un groupuscule franco-allemand résolu à en découdre avec l'autorité de l'Eglise. C'est pour tanter de ramener le calme que cette manière de distribuer la communion à été tolérée. Mais elle n'a pas été prise comme norme pour toute l'Eglise. Pour conclure cette note, citons le Pasteur Oscar Culmann (1902-1999) : "L'œcuménisme ne consiste certainement pas à prendre ce qu'il y a de moins bon chez l'autre".

Propos de Mgr Mouisset, évêque de Nice en 1969, dans le bulletin diocésain du 29/8/1969 :

"Il n'est pas permi à un prêtre de refuser la communion sur les lèvres à celui qui en fait la demande (...) la communion sur les lèvres reste la règle, la communion dans la main n'est qu'une exception autorisée...".

OBLIGATIONS ET INTERDICTIONS RELATIVES A LA COMMUNION

CIC. 919. § 1. Qui va recevoir la très sainte Eucharistie s'abstiendra, au moins une heure avant la sainte communion, de prendre tout aliment ou boisson, à l'exception seulement de l'eau et des médicaments.

RS. 94. Il n'est pas permis aux fidèles de «prendre eux-mêmes la sainte hostie ou le saint calice, encore moins de se les transmettre de main en main». De plus, à ce sujet, il faut faire cesser l'abus suivant : pendant la Messe de leur mariage, il arrive que les époux se donnent réciproquement la sainte Communion.

LA COMMUNION SOUS LES DEUX ESPECES

IGMR. 281. La sainte communion réalise plus pleinement sa forme de signe lorsqu'elle se fait sous les deux espèces. Car, sous cette forme, le signe du banquet eucharistique est mis plus pleinement en lumière, et on exprime plus clairement la volonté divine d'accomplir la nouvelle et éternelle Alliance dans le Sang du Seigneur ; on montre aussi plus clairement la relation entre le banquet eucharistique et le banquet eschatologique dans le royaume du Père.

IGMR 282. Les pasteurs, de la façon la plus adaptée possible, veilleront à rappeler, à l'attention des fidèles qui participent à ce rite ou à ceux qui en sont les témoins, la doctrine catholique sur la forme de la sainte communion, selon le concile de Trente. Avant tout, on avertira les fidèles de ce que la foi catholique nous enseigne : que même sous une seule des deux espèces on reçoit le Christ tout entier, sans aucun manque, et le sacrement dans toute sa vérité ; par suite, en ce qui regarde les fruits de la communion, ceux qui reçoivent une seule espèce ne sont privés d'aucune grâce nécessaire au salut.

Ils enseigneront en outre que l'Église a autorité sur la dispensation des sacrements, du moment que l'essentiel est sauvegardé : elle peut décider ou modifier ce qu'elle juge plus avantageux pour la vénération qu'on leur doit ou pour l'utilité de ceux qui les reçoivent, en raison de la diversité des choses, des époques et des lieux. Mais en même temps, on invitera les fidèles à vouloir participer plus intensément au rite sacré, de sorte que le signe du banquet eucharistique soit mis davantage en lumière.

IGMR. 283. En plus des cas prévus dans les livres liturgiques, la communion sous les deux espèces est permise :

a) aux prêtres qui ne peuvent célébrer ou concélébrer ;

b) au diacre et à tous ceux qui exercent une fonction au cours de la messe ;

Note du webmaster : ce point demande des éclaircissements. Le terme de "fonction" est vague et permet, selon les points de vue, d'étendre la communion aux deux espèces aux sacristain, à l'animateur de chants, à l'organiste ou aux quêteurs en raison de leurs fonctions pendant la messe. Il semble logique en tout cas que les fonctions en questions soient spécifiquement liturgiques, qu'il s'agit uniquement des ministres en habit de choeur, et que cela ne concerne pas les ministres extraordinaires de la communion.

c) aux membres des communautés à la messe conventuelle ou à la messe dite de communauté, aux séminaristes, à tous ceux qui font les exercices spirituels ou participent à une réunion spirituelle ou pastorale.

Note du webmaster : PGMR 242 - précédente version de IGMR 283 - prévoyait explicitement les cas suivants : les nouveaux baptisés lors de la messe qui suit leur baptême ; les époux lors de la messe de leur mariage ; les diacres lors de leur messe d'ordination diaconale ; les femmes qui prononcent des voeux monastiques ; une mère abbesse lors de sa messe d'installation ; une femme qui devient vierge consacrée ; ceux qui reçoivent l'institution d'un ministère (lectorat, acolytat) ; les laïcs recevant une mission, lors de la messe de réception de cette mission ou de ce ministère ; la personne approchant la mort, et tous les assistants à la messe, lorsque celle-ci est célébrée chez le malade en conformité avec le Droit ; lorsqu'il y a concélebration, pour tous les laïcs exerçant un ministère liturgique et à tous les séminaristes ; pour les époux et les religieux qui assistent à la messe de leur jubilé ; pour les parents, conjoint, parrain et marraine d'un baptisé adulte lors de la messe de baptême ; pour les parents, aux familiers et aux bienfaiteurs qui participent à la première messe d'un nouveau prêtre ; pour les membres de communautés religieuses, à la messe de leur communauté.

Il reste à voir si ces circonstances sont celles désignées par "cas prévus dans les livres liturgiques" au début de IGMR 283. Rien ne l'indique clairement.

L'évêque diocésain peut déterminer pour son diocèse des normes concernant la communion sous les deux espèces qui doivent être observées même dans les églises des religieux et dans les petits groupes. Il a aussi la faculté de permettre de donner la communion sous les deux espèces, chaque fois que le prêtre célébrant l'estime opportun pourvu que les fidèles soient bien instruits et que soit évité tout danger de profaner le Sacrement, ou que le nombre des participants ou une autre raison ne rende le rite trop difficile à exécuter.

Pour ce qui est de la manière de donner aux fidèles la communion sous les deux espèces, et de l'extension de la faculté de la donner, les Conférences des évêques peuvent publier des normes, après reconnaissance des actes par le Siège Apostolique.

IGMR 285. Pour distribuer la communion sous les deux espèces, on prépare :

a) si la communion au calice se fait en buvant directement au calice, soit un calice de contenance suffisante, soit plusieurs calices, en prenant toujours soin de prévoir qu'il ne reste pas trop de vin consacré à consommer à la fin de la célébration;

b) si la communion au calice se fait par intinction, on veillera à ce que les hosties ne soient ni trop minces ni trop petites, mais un peu plus épaisses que d'habitude, pour qu'on puisse commodément les distribuer après en avoir trempé une partie dans le vin consacré.

IGMR 284. Quand on communie sous les deux espèces :

a) d'ordinaire, le diacre présente le calice, ou, en son absence, un prêtre ; ou encore un acolyte institué ou un autre ministre extraordinaire de la communion ; ou un fidèle à qui, en cas de nécessité, on confie cette fonction pour une fois ; (...). Aux fidèles qui voudraient éventuellement communier sous la seule espèce du pain, la communion sera donnée sous cette forme.

IGMR 287. Si la communion au calice se fait par intinction le communiant, tenant le plateau au dessous de sa bouche, s'approche du prêtre qui tient le calice, ayant à son côté le ministre qui porte le vase contenant les hosties. Le prêtre prend une hostie, en trempe une partie dans le calice, et, en l'élevant, dit : Le Corps et le Sang du Christ. Le communiant répond Amen, reçoit du prêtre le Sacrement dans la bouche et se retire.

Note du webmaster : la communion au Corps et au Sang du Christ par intinction est la forme la plus pratique pour des raisons évidentes. Si les normes ci-dessus prévoient un ministre spécifique pour tenir le calice, il ne semble pas interdit que le prêtre puisse distribuer les deux espèces en même temps, en tenant ciboire et calice dans la main gauche (les vases sacrés de forme classique permettant de faire tenir la coupe de l'un contre le montant de l'autre, et de tenir les deux montants en même temps).

L'usage du plateau tenu sous la bouche du communiant est absolument indispensable. Mais il devra être purifié comme un calice si jamais il y est tombé une goutte du Sang du Christ.

RS. 104. Il n'est pas permis à celui qui reçoit la communion de tremper lui-même l'hostie dans le calice, ni de recevoir dans la main l'hostie, qui a été trempée dans le Sang du Christ. (...)

IGMR 286. Si la communion au Précieux Sang se fait en buvant directement au calice, le communiant, après avoir reçu le Corps du Christ, se rend vers le ministre du calice et se tient devant lui. Le ministre dit : Le sang du Christ, le communiant répond : Amen. Le ministre lui tend le calice, que le communiant prend lui-même de ses mains pour l'approcher de sa bouche. Le communiant boit un peu au calice, le rend au ministre et se retire ; le ministre essuie avec le purificatoire le bord du calice.

RESPECT DÛ AU CORPS ET AU SANG DU CHRIST

IGMR 279. Les vases sacrés sont purifiés par le prêtre, par le diacre ou par l'acolyte institué, après la communion ou après la messe, autant que possible à la crédence. On fait la purification du calice avec de l'eau ou bien avec de l'eau et du vin, et l'ablution est consommée par celui qui purifie. Ordinairement on essuiera la patène avec le purificatoire.

RS. 107. Conformément aux normes canoniques, «celui qui jette les espèces consacrées, ou bien les emporte, ou bien les recèle à une fin sacrilège, encourt une excommunication latae sententiae réservée au Siège Apostolique ; le clerc peut de plus être puni d'une autre peine, y compris le renvoi de l'état clérical» [CIC. 1367]. On doit aussi ajouter à ce cas tout acte de mépris, volontaire et grave, envers les saintes espèces. Ainsi, celui qui agit à l'encontre des prescriptions énoncées ci-dessus, par exemple, en jetant les saintes espèces dans la piscine de la sacristie ou dans un endroit indigne, ou encore par terre, encourt les peines établies à cet effet. [Conseil Pontifical pour l'Interprétation des Textes Législatifs, Responsio ad propositum dubium, 3 juillet 1999 : AAS 91 (1999) p. 918.] De plus, tous doivent se souvenir que, lorsque la distribution de la sainte Communion, pendant la célébration de la Messe, est achevée, il faut observer les prescriptions du Missel Romain. En particulier, il faut que le Sang du Christ, qui pourrait rester, soit consommé aussitôt par le prêtre lui-même ou, selon les normes, par un autre ministre. De même, les hosties consacrées, qui pourraient rester, doivent être consommées par le prêtre à l'autel, ou elles doivent être portées dans un endroit destiné à conserver la sainte réserve eucharistique.

Il faut veiller à consommer aussitôt à l'autel le Sang du Christ qui, éventuellement, resterait après la distribution de la communion.

IGMR 284. Quand on communie sous les deux espèces : (...)

b) s'il reste du vin consacré, le prêtre le consomme à l'autel, ou le diacre, ou l'acolyte institué qui a présenté le calice et celui-ci purifie les vases sacrés comme à l'ordinaire, les essuie et les remet à leur place.

ID. 14. Le vin consacré doit être consommé aussitôt la communion, et il ne peut être réservé. (...)

IGMR. 280. Si une hostie ou un fragment tombait, on les ramasserait avec respect ; si du vin consacré se répandait, on laverait l'endroit avec de l'eau, et cette eau serait ensuite jetée dans la piscine de la sacristie.

Note du webmaster : si l'on renverse le Sang du Christ, on doit laver l'endroit avec suffisament d'eau pour s'assurer que l'on ait repris autant du précieux Sang qu'il est possible, mêlé avec l'eau. Pour les explications concernant la "piscine", voir le lexique.

RS. 120. Les pasteurs doivent veiller à ce que les linges sacrés de la sainte table soient constamment propres, particulièrement ceux qui sont en contact avec les saintes espèces. Ils doivent donc être lavés très fréquemment, en suivant les coutumes fidèlement transmises. Ainsi, il est louable, qu'après un premier lavage à la main, l'eau qui a été utilisée, soit répandue dans la piscine de la sacristie de l'église ou directement sur le sol dans un endroit convenable. Puis, on peut procéder à un nouveau lavage selon la manière habituelle.

Note du webmaster : "les coutumes fidèlement transmises", concernant les linges sacrés (corporal, purificatoire et manuterge), mentionnent traditionnellement un lavage dans trois eaux différentes, sans adjonction de savon ou de détergeant, chacune étant vidée dans la piscine de la sacristie (. Ces lavages multiples garantissent raisonnablement l'élimination respectueuses des parcelles du Corps du Christ. RS 120 ne mentionne qu'un seul lavage, mais on comprendra que la coutume plus ancienne reste tout à fait recommandable.

Le chant de communion

IGMR 198. [à propos du lecteur] S'il n'est pas prévu de chanter à l'entrée ou à la communion, et que les antiennes proposées au missel ne sont pas dites par les fidèles, il peut les lire au moment opportun (cf. nn. 48, 87).

Notes du webmaster : bien souvent, pour des raisons pratiques, c'est le prêtre qui dit l'antienne car elle se trouvent dans le Missel. Mais il est évident que si le lecteur possède un Missel personnel, il est mieux qu'il la lise. Dans ce cas, et aussi s'il utilise une publication telle que "Prions en l'Eglise", il devra, en particulier pour les messes de semaine, vérifier auparavant la concordance avec la circonstance liturgique qui est requise dans le diocèse ce jour-là.

IGMR. 86. Pendant que le prêtre consomme le sacrement, on commence le chant de communion, pour exprimer l'union spirituelle entre les communiants par l'unité des voix, montrer la joie du coeur, mettre davantage en lumière le caractère 'communautaire' de la procession qui mène à recevoir l'Eucharistie. Le chant se prolonge pendant que les fidèles reçoivent le Sacrement. Mais s'il y a une hymne après la communion, le chant de communion s'arrêtera au moment opportun.

IGMR 87. Pour le chant de communion, on peut prendre soit l'antienne du Graduel romain, soit avec ou sans psaume, soit l'antienne avec son psaume du Graduel simple, ou un autre chant approprié, approuvé par la Conférence des évêques. Le chant est exécuté soit par la chorale seule, soit par la chorale ou le chantre avec le peuple.

S'il n'y a pas de chant, l'antienne proposée dans le missel est dite soit par les fidèles, soit par quelques-uns d'entre eux, soit par un lecteur ou, à leur défaut, par le prêtre, après que lui-même aura communié et avant qu'il ne distribue la communion aux fidèles.

RS. 88. (...) la Messe elle-même ne doit pas se poursuivre tant que la Communion des fidèles n'est pas achevée. (...).

La méditation après la communion et la conclusion

IGMR 45. Un silence sacré, qui fait partie de la célébration, doit aussi être observé en son temps (...) après la communion, le silence permet la louange et la prière intérieure.

ID. 17. On doit recommander aux fidèles de ne pas omettre, après la communion, l'action de grâce qui s'impose, soit pendant la célébration en pratiquant quelque hymne ou chant de louange, soit après la célébration en demeurant si possible en méditation pendant un temps convenable.

Note du webmaster : rien n'interdit donc de chanter un "chant de communion" puis un "chant d'action de grâce" (chaque catégorie ne vise pas à exprimer la même chose), quoique cela puisse peser un peu dans la célébration. On est certes plus habitué, là où il y a un organiste, à chanter un chant de communion, puis à méditer avec l'aide d'une pièce instrumentale ; en fait on voit ici qu'il possible de faire l'inverse, ce qui peut être parfois utile. Dans tous les cas on ne cherchera jamais à faire du "remplissage sonore" afin de laisser une bonne place au silence.

MEDITATION APRES LA COMMUNION

ID. 16. On doit recommander aux fidèles de ne pas omettre, après la communion, l'action de grâce qui s'impose, soit pendant la célébration en pratiquant quelque hymne ou chant de louange, soit après la célébration en demeurant si possible en méditation pendant un temps convenable.

RITE DE CONCLUSION

IGMR. 165. Ensuite, debout au siège ou à l'autel, le prêtre tourné vers le peuple dit, les mains jointes : Prions et, les mains étendues, prononce la prière après la communion, que peut précéder un bref moment de silence, à moins qu'on n'ait déjà gardé le silence aussitôt après la communion. A la fin de l'oraison, le peuple acclame : Amen.

IGMR. 167. Ensuite le prêtre, étendant les mains, salue le peuple en disant : Le Seigneur soit avec vous, et le peuple lui répond : Et avec votre esprit. Et le prêtre, joignant de nouveau les mains et, aussitôt, posant la main gauche sur la poitrine et élevant la main droite, ajoute : Que Dieu tout-puissant vous bénisse et, faisant le signe de croix sur le peuple, il continue : Le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Tous répondent : Amen.

En certains jours et à certaines occasions, on fait précéder cette bénédiction, selon les rubriques, par une autre formule plus solennelle, ou par une prière sur le peuple.

L'évêque bénit le peuple en prenant la formule qui convient et en faisant trois fois le signe de croix sur le peuple.

IGMR. 168. Aussitôt après la bénédiction, le prêtre, les mains jointes, ajoute : Allez, dans la paix du Christ : et tous répondent : Nous rendons grâce à Dieu.

IGMR. 185. Si l'on emploie la formule de bénédiction solennelle ou la prière sur le peuple, le diacre dit : Inclinez-vous pour la bénédiction. Lorsque le prêtre a donné la bénédiction, le diacre renvoie le peuple en disant, les mains jointes et tourné vers le peuple : Allez, dans la paix du Christ.

IGMR. 170. Si la messe est suivie par une action liturgique, on omet le rite de conclusion, c'est-à-dire la salutation, la bénédiction et le renvoi.

Note du webmaster : en effet, la bénédiction et la salutation seront celle de l'action liturgique qui suit. Par exemple, si une messe est dite l'après-midi et qu'elle est suivie par les vêpres, les deux cérémonies peuvent être jointes : le prêtre omet "Le Seigneur soit avec vous" après la méditation suivant la communion, et après que le prêtre ait revêtu la chape et que les cierges ait été allumés comme ils le sont pour la liturgie des heures, le chantre commence directement l'office de vêpres avec "Dieu, viens à mon aide".

Sortie

IGMR. 169. Alors, normalement, le prêtre vénère l'autel par un baiser et, après l'avoir salué par une inclination profonde avec les ministres laïcs, il se retire avec eux.

Notes du webmaster : il n'existe pas de prescription pour le chant de sortie, qui peut être remplacé par un morceau d'orgue, et qui peut même être omis. Il faut cependant faire remarquer que de même que le chant d'entrée accompagne le cortège, le chant de sortie doit durer jusqu'à ce que le cortège soit entré à la sacristie, et qu'à ce moment il convient de ne pas prendre un couplet de plus. C'est en quelques sorte la disparition du cortège qui indique, de manière on ne peut plus concrète, que la cérémonie est achevée. La prolongation du chant n'a dès lors plus de sens.
Dans les petites églises, où la porte de la sacristie est parfois en bordure du choeur, on pourra très bien se contenter d'un seul couplet. Traditionnellement, on donne alors toute liberté à l'organiste pour jouer comme il l'entend, souvent dans un style entrainant et festif, pourvu que le style respecte le lieu saint qu'est l'église.

 

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